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La zone industrielle: des débuts lents et difficiles

Pour s'implanter ou s'étendre, si elle n'a pas de réserves foncières utilisables, l'entreprise doit faire appel au marché foncier, dont le produit marchand, le sol, appartient en petites et moyennes parcelles aux classes moyennes de la société. Le prix de ce sol comprend les rentes différentielles, plus-values de situation et investissements en desserte et équipements, donc très variables, et la rente absolue qui elle évolue en fonction de la demande et des pressions spéculatives exercée sur ce marché. En bonne logique, les propriétaires ont adapté leur patrimoine à la demande la plus forte, l'agriculture, non sans le préparer à une éventuelle réalisation immobilière .

Sur ce marché, l'industriel, moins demandeur en terrains trouve rarement son compte: les caractéristiques qu'il recherche correspondent rarement au prix qu'il peut y mettre. D'autre part il aura des difficultés à établir la corrélation surface-situation, alors qu'un promoteur immobilier adaptera sans peine son programme de construction aux dimensions et configurations du terrain.

Les collectivités locales désireuses de voir les industriels s'implanter sur leur territoire ont par ailleurs recherché avec l'aide de l'Etat des méthodes permettant de répondre à ces besoins. Les solutions d'intervention doivent satisfaire le propriétaire foncier et son client sans remettre en cause le principe de la propriété.

A partir des années 60, le principe de la zone industrielle connait la faveur des collectivités.

Le regroupement de terrains de grandes surfaces peu coûteux a donc amené à réaliser des zones industrielles aux abords des villes en prenant sur les surfaces agricoles.

Bien accueilli, ce marché a pourtant tardé à être utilisé par les industriels qui préféreront pendant encore 10 ans la négociation séparée : d'une part pour un terrain et sa situation, d'autre part avec les collectivités pour le complément d'aménagement de ce terrain.

Dans le rapport annuel de la Cour des Comptes pour 1965, les magistrats soulignent les nombreuses zones industrielles vides, pour lesquelles les sociétés d'aménagements responsables ont établis des prix de rétrocession bien inférieurs aux prix de revient.

En 1972, l'habitude de s'implanter sur une zone industrielle semble prise puisqu'elles accueillirent cette année là 60% des implantations nouvelles.

Aujourd'hui, la politique de zonage et la quasi généralisation des Plans d'Occupation des Sols font que la grande majorité des implantations se font sur des Zones d'activités. Celles-ci avec le temps se sont mieux adaptées aux exigences et aux moyens de chacun .

 
Par la taxe professionnelle et l'emploi qu'elle génére, la zone industrielle devient un enjeu fondamental de l'aménagement du territoire.
 

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Didier Hertzog
Date de dernière mise à jour : 7/02/99